Did you know that in 1951, only 6% of French homes had a bathroom?
Discover the surprising (and sometimes embarrassing) true story behind one of France’s most stubborn stereotypes.
« Les Français ne sont pas sales. Ils ont juste une relation compliquée avec l’eau. »
Auteur Anonyme.
Edgar Degas, Femme dans son bain s'épongeant la jambe.
English transcription available at the end of the post
Salut à tous ! Aujourd’hui, on va parler d’un sujet un peu délicat. Un sujet qui fait sourire, qui fait rougir, et qui révèle beaucoup de choses sur l’histoire de France.
La question du jour : les Français sont-ils sales ?
Vous avez sûrement déjà entendu ce stéréotype. Les Français qui ne se lavent pas, qui mettent du parfum à la place du savon, qui sentent l’ail et la transpiration... Mais d’où vient cette réputation ? Est-ce qu’elle est vraie ? Et est-ce qu’elle l’est encore aujourd’hui ?
On va démêler tout ça, ensemble.
Ce podcast s’est largement inspiré d’un commentaire Reddit passionnant écrit par un certain gerardmenfin.
Le Roi Soleil et ses couloirs malodorants
Pour comprendre cette réputation, il faut commencer par le début. Et le début, c’est une surprise : au Moyen Âge et à la Renaissance, les Français se lavaient plutôt bien. Il existait une culture des bains publics très vivante, des établissements populaires où tout le monde se retrouvait pour se laver et socialiser.
Mais justement — tout le monde. Hommes et femmes ensemble. Et ça, l’Église n’aimait pas du tout. Ces bains mixtes ont rapidement été suspectés de favoriser la débauche. Progressivement, ils ont fermé. Et avec eux, une bonne partie des habitudes de propreté.
Les bains publics reviennent timidement au XVIIIe siècle, portés par un nouvel enthousiasme pour les vertus curatives de l’eau. Mais cette fois, ils sont réservés aux classes supérieures. Le peuple, lui, n’y a pas accès.
C’est dans ce contexte qu’il faut replacer Versailles. Et d’ailleurs, soyons justes : le château n’était pas le cauchemar sanitaire qu’on décrit parfois. Il était relativement bien équipé en toilettes et salles de bains pour l’époque. Mais la cour, elle, c’était une autre histoire.
Les courtisans — les gens qui vivaient autour du roi — avaient pour habitude de se soulager un peu partout : derrière les rideaux, dans les escaliers. Il arrivait même que des femmes s’oublient dans leurs robes. Quant aux bains ? L’eau chaude était considérée comme dangereuse pour la santé. Alors on se lavait très peu. Et pour masquer les odeurs, on utilisait des parfums puissants : patchouli, musc, civette, tubéreuse...
Imaginez le mélange.
Ce n’était pas uniquement le problème de la France : toute l’Europe de l’époque avait des pratiques d’hygiène très différentes des nôtres. Mais Versailles était le centre du monde, visité par des diplomates, des nobles et des voyageurs du monde entier. Alors cette réputation, elle aussi, a voyagé.
Un bain par an : la réalité du XIXe siècle
Avançons un peu dans le temps. Au XIXe siècle, la situation est encore compliquée.
En 1850, les historiens nous apprennent que les Parisiens prenaient en moyenne... un bain par an. Un seul.
Pourquoi ? Pas par paresse. Par manque d’infrastructure. Dans la majorité des maisons françaises, il n’y avait pas d’eau courante. Pas de robinet.
La romancière britannique Frances Trollope, qui visite Paris en 1835, le note avec surprise dans ses mémoires. À Londres, dit-elle, l’eau arrive directement dans les maisons jusqu’aux étages. À Paris, on voit encore des porteurs monter péniblement des seaux dans les escaliers. Résultat : les Parisiens utilisent l’eau avec beaucoup d’économie.
Et il y avait aussi une dimension culturelle. L’Église catholique voyait le corps comme une source de péché. Se déshabiller pour se laver, même seul, c’était suspect. Et dans certaines campagnes françaises du début du XXe siècle, les ethnographes rapportent que les paysans considéraient une forte odeur corporelle comme un signe de... bonne santé.
Les soldats américains arrivent
La réputation des Français “qui puent” s’est vraiment internationalisée grâce à un événement précis : les deux guerres mondiales.
Des milliers de soldats américains sont arrivés en France pendant la Première Guerre mondiale, puis la Seconde. Ces jeunes hommes venaient d’un pays où la douche quotidienne était déjà normale. Où on changeait les sous-vêtements tous les jours. Où la publicité pour le savon et le déodorant était partout dans les magazines.
Et là, ils se retrouvent dans les campagnes françaises. Pas d’eau courante. Des tas de fumier devant les fermes. Des habitants qui ne comprennent pas leur langue. Et qui, parfois, ne sentent pas très bon.
Évidemment, le choc est immense. Dans les années 1920 et 1930, les publicités américaines avaient rendu les gens “particulièrement sensibles” à la propreté personnelle. Les journaux étaient pleins d’histoires de carrières ruinées par une mauvaise haleine ou une odeur corporelle — le redoutable “B.O.”, body odor.
Alors quand ces soldats rentrent aux États-Unis après la guerre, ils racontent. Ils racontent les fermes, l’odeur, les habitudes étranges des Français. Et la réputation se répand.
En 1945, le gouvernement américain est tellement préoccupé par ces tensions qu’il commande une brochure officielle : 112 griefs sur les Français. Un document qui tente de répondre aux plaintes des soldats. Des chapitres entiers sont consacrés à des questions comme : “Pourquoi les Français ne se baignent-ils pas ?” ou “Pourquoi les villes françaises sont-elles sales ?”
La même année, un personnage de dessin animé voit le jour : Pepe Le Pew. Une mouffette française, romantique et obsessionnelle, qui fait fuir tout le monde avec son odeur terrible. Son nom est d’ailleurs un jeu de mots : pew en anglais évoque une mauvaise odeur, et pue en français vient du verbe puer.
Ce personnage a marqué des générations d’Américains. Et il résumait tout ce qu’ils pensaient des Français.
Et chez les autres ?
Maintenant, soyons justes. L’auteur de la brochure 112 griefs, Leo Rosten, le dit lui-même : en 1945, 80 % des fermes américaines n’avaient ni salle de bains ni eau courante. Des États entiers, surtout dans le Sud, n’étaient pas beaucoup mieux équipés que les campagnes françaises.
Et les chiffres européens de l’époque montrent que la France n’était pas seule dans sa situation. En 1951, 6 % des foyers français avaient une salle de bains. C’est peu. Mais en Espagne, c’était 3 %. En Italie, 2 %.
Ce qui était différent, c’est que la France était beaucoup plus visitée que ses voisins. Plus de touristes, plus de soldats, plus de témoins étrangers. Donc plus de gens pour raconter ce qu’ils avaient vu… et senti.
Et aujourd’hui ?
Bonne nouvelle : la situation a radicalement changé.
Selon les données d’Euromonitor, les Français se douchent en moyenne sept fois par semaine. C’est-à-dire une fois par jour, comme la majorité des Européens occidentaux. C’est même plus que les Britanniques ou les Japonais, qui se douchent plutôt cinq fois par semaine.
La France est aussi le premier pays au monde pour la vente de parfums et de produits cosmétiques. Les marques Chanel, Dior, Guerlain, Yves Saint Laurent... tout ça vient de France.
Alors oui, certaines enquêtes montrent encore quelques particularités. Selon un sondage IFOP de 2020, seulement 57 % des Français prennent une douche tous les jours. Et environ 49 % se lavent les mains avant de manger. Ce ne sont pas des chiffres extraordinaires. Mais ils sont très loin du cliché du Français qui se lave une fois par an.
Ce qui reste, peut-être, c’est une certaine philosophie. Des étrangers vivant en France témoignent encore aujourd’hui que certains Français semblent moins obsédés par l’hygiène quotidienne que dans d’autres cultures. Changer de vêtements tous les jours ? Laver ses draps toutes les semaines ? Pour certains, c’est excessif. Et quelque part, c’est peut-être là que le stéréotype trouve encore un tout petit fond de vérité. Non pas dans la saleté, mais dans une relation différente à l’idée de “propre”.
Pour conclure
L’histoire du stéréotype du “Français sale” nous dit donc plusieurs choses.
Elle nous dit que la réputation vient d’une réalité historique : la France a effectivement eu, pendant des siècles, des infrastructures sanitaires insuffisantes et des normes d’hygiène plus basses que certains de ses voisins.
Elle nous dit que cette réalité a été amplifiée par des milliers de visiteurs étrangers, surtout américains, qui ont raconté leurs expériences avec horreur.
Et elle nous dit que les stéréotypes ont la vie dure, même quand la réalité a complètement changé.
Mais je vais être honnête avec vous. Je vis hors de France depuis 2013. J’ai passé de longues périodes en Argentine, à Madagascar, en Espagne ou en Italie et aujourd’hui je vis au Mexique. Et malheureusement, je suis obligé de dire qu’il ne s’agit pas uniquement d’un cliché.
Ce qui m’a le plus frappé ? Madagascar. Dans la brousse malgache, l’accès à l’eau courante est très limité. Les conditions de vie sont difficiles. Et pourtant, les gens paraissaient plus propres que certaines personnes que j’ai croisées en France. Même constat au Mexique : je n’ai jamais vécu de situation délicate, même dans les heures les plus bondées du métro de Mexico City, la ville de Mexico, et croyez-moi, c’est bondé.
Il y a une explication concrète à tout ça, et elle est souvent ignorée : la douche. Dans la maison où je vivais à Chihuahua, au Mexique, il y avait quatre salles de bains avec quatre douches pour trois chambres. En France, j’ai eu l’occasion de séjourner dans de très belles maisons, dont une avec une magnifique baignoire en fonte sur pieds patte de lion. Très chic, très photogénique. Mais pas très pratique pour se laver rapidement tous les jours.
Ça peut paraître anecdotique. Mais beaucoup de maisons françaises, surtout les plus anciennes, ne comptent toujours pas de douche. Or la douche, c’est le moyen le plus rapide et le plus efficace de se laver. Difficile d’imaginer quelqu’un prendre un bain plusieurs fois par jour. Alors à la place, beaucoup de Français font leur “toilette” autrement : un lavabo, un gant de toilette, et c’est tout.
Et il y a autre chose, tant qu’on est dans le sujet : il n’est pas rare, en France, de croiser des gens qui n’utilisent pas de déodorant. Pas par oubli. Par conviction. L’argument ? Le déodorant serait mauvais pour la santé, voire cancérigène. C’est une croyance assez répandue, qu’on retrouve d’ailleurs régulièrement dans les témoignages d’étrangers vivant dans le pays. Combinée à la toilette au lavabo et à l’absence de douche, le résultat peut parfois être... perceptible.
Attention, ce n’est pas un jugement. C’est une réalité culturelle et architecturale. Mais c’est une réalité.
Alors la prochaine fois que vous entendez ce stéréotype, vous saurez d’où il vient : du Roi Soleil à Pepe Le Pew, en passant par les soldats américains de 1944. Et vous saurez aussi qu’entre l’histoire et le présent, la frontière est parfois plus floue qu’on ne le croit.
Et vous, dans votre culture, combien de douches par semaine est-ce qu’on considère comme “normal” ? Est-ce qu’il y a des stéréotypes sur l’hygiène de votre pays ? Ça vaut la peine d’y réfléchir.
Merci de m’avoir écouté, et à bientôt pour un nouveau podcast sur la France, le français et sa culture !
Sources : gerardmenfin (reddit, r/AskHistorians) Bureau du recensement des États-Unis, Historical Census of Housing Tables: Plumbing Facilities (2002) · Levenstein, Harvey. Seductive Journey: American Tourists in France from Jefferson to the Jazz Age. University of Chicago Press, 2000 · Levenstein, Harvey. We'll Always Have Paris: American Tourists in France since 1930. University of Chicago Press, 2010 · Rosten, Leo C. 112 Gripes About the French. U.S. Army Information Branch, 1945 · Triballat, Nicole. « Évolution du parc, de l'équipement, de la taille et du peuplement des logements depuis 1962 ». Économie et Statistique, n° 23 (1968) · Trollope, Frances Milton. Paris and the Parisians in 1835. Londres, R. Bentley, 1836 · Vigarello, Georges. Le propre et le sale : l'hygiène du corps depuis le Moyen Âge. Seuil, 1987 · White, Elizabeth Brett. American Opinion of France from Lafayette to Poincaré. Knopf, 1927 · Zdatny, Steven. « The French Hygiene Offensive of the 1950s: A Critical Moment in the History of Manners ». The Journal of Modern History, vol. 84, n° 4 (2012).
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Liste de vocabulaire :
se laver : to wash oneself
malodorant(e) : smelly
un courtisan / une courtisane : courtier (royal court)
se soulager : to relieve oneself
un bain : bath
l’eau courante : running water
un robinet : tap / faucet
porter (de l’eau) : to carry
un seau : bucket
faire chauffer : to heat
économiser : to save / to use sparingly
une odeur corporelle : body odor
la transpiration : sweat
un soldat : soldier
un choc culturel : culture shock
la propreté : cleanliness
se répandre : to spread
une enquête : survey / study
se doucher : to shower
en moyenne : on average
un sondage : poll
obsédé(e) par : obsessed with
un point de vue : point of view
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Aller plus loin : Les Français sont-ils vraiment les plus sales d’Europe ?
Pour répondre à cette question (et démonter quelques clichés bien tenaces), l’Ifop a mené en 2022 une vaste enquête comparative dans cinq grands pays européens. Douches, hygiène corporelle, changement de sous-vêtements, héritage du Covid… Les chiffres réservent quelques surprises et montrent que la réalité est bien plus nuancée que le stéréotype. Un article riche, parfois drôle, souvent éclairant, à lire pour comprendre ce que les pratiques d’hygiène disent vraiment de nos cultures.
Lire l’article : https://www.ifop.com/article/les-francaises-sont-ils-vraiment-les-plus-sales-deurope/
Extrait de film : Les Visiteurs (1993), de Jean-Marie Poiré
Dans cette scène culte, le chevalier Godefroy de Montmirail — homme du Moyen Âge propulsé au XXe siècle — découvre pour la première fois une salle de bains moderne. Le résultat est hilarant. Cette scène illustre parfaitement ce que nous venons de voir dans le podcast : pendant des siècles, le bain n’était pas une habitude naturelle en France. Et si aujourd’hui ça nous fait rire, c’est parce que la distance entre ces deux époques est vertigineuse.
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Dialogue Analysis
Maman, j’ai peur !
→ “Mom, I’m scared!” Simple expression of fear.Jean-Pierre, maintenant ils disent que c’est toi qui leur fait peur.
→ “Jean-Pierre, now they’re saying that you’re the one scaring them.” “Leur” = to them. Present tense “font” becomes “fait” (singular).Bon, allez ! Savonnez-vous de bon cœur et insistez bien sur les pieds.
→ “Okay, come on! Soap yourselves up enthusiastically and really focus on the feet.” “De bon cœur” = enthusiastically/wholeheartedly. “Insistez” = insist/focus on.Le savon et les sels de bain sont là.
→ “The soap and bath salts are there.” Straightforward instruction showing location.Allez-y franchement ! Je vous laisse.
→ “Go for it! I’ll leave you to it.” “Franchement” here means “really” or “thoroughly.” “Je vous laisse” = I’m leaving you (alone).Qu’est-ce qu’ils ont nos pieds messire ?
→ “What’s wrong with our feet, my lord?” “Qu’est-ce qu’ils ont” = what do they have/what’s wrong with them. “Messire” = medieval form of address (my lord).Je n’en sais rien. Ce gueux finasse sans arrêt.
→ “I have no idea. This peasant is constantly being sneaky.” “Je n’en sais rien” = I know nothing about it. “Gueux” = peasant/beggar (medieval insult). “Finasser” = to be crafty/sneaky.Ah c’est bouilli.
→ “Ah, it’s boiling hot.” “Bouilli” = boiled. They think the warm bath water is dangerously hot!Allez, mets les onguents !
→ “Come on, put on the ointments!” “Onguents” = ointments/balms (medieval term). They think modern products are medicinal treatments.Jacquouille, brosse-moi !
→ “Jacquouille, brush me!” Direct command using imperative form.Oh, quel étrange brossoir
→ “Oh, what a strange brush.” “Brossoir” = brush (old-fashioned term). They’re discovering a modern bath brush.Il fera bien l’affaire !
→ “It’ll do the job just fine!” Common expression meaning “it will work” or “it’s good enough.”Vous vous en sortez ?
→ “Are you managing okay?” “S’en sortir” = to manage/cope/get by. Very common expression in everyday French.J’ai fini mes ablutions !
→ “I’ve finished my ablutions!” “Ablutions” = ritual washing (formal/religious term). Comedic because he’s using formal language for a simple bath.À toi !
→ “Your turn!” Short and direct.Non non non Messire, moi ce n’est pas la peine.
→ “No no no my lord, for me it’s not necessary.” “Ce n’est pas la peine” = it’s not worth it/don’t bother. Common polite refusal.J’ai pris un bain il y a deux mois dans la rivière.
→ “I took a bath two months ago in the river.” “Il y a” = ago. Comedy from medieval hygiene standards!J’ai fini mon lavement. Tu peux y aller.
→ “I’ve finished my washing. You can go.” “Lavement” technically means “enema” but he’s using it to mean washing (medieval confusion).Ah non non non non, c’est trop bouilli !
→ “Ah no no no no, it’s too boiling!” Repetition for emphasis. They’re terrified of normal bath temperature.Qu’est-ce qu’ils fabriquent ?
→ “What are they up to?” “Fabriquer” literally = to manufacture, but colloquially = what are they doing/making. Very common expression.Bon, arrêtez de chahuter.
→ “Okay, stop horsing around.” “Chahuter” = to make noise/create chaos/mess around. Informal but common.Ce n’est rien, j’ai dû presser ce maraud pour son lavement.
→ “It’s nothing, I had to push this rascal for his washing.” “Maraud” = rascal/scoundrel (old insult). “Presser” = to press/push/hurry.Je vais me sécher à la bonne flambée.
→ “I’m going to dry myself by the good fire.” “Flambée” = blaze/fire. Medieval way of thinking about drying off.Il a vidé toute la bouteille. Une bouteille de parfum à 6000 !
→ “He emptied the whole bottle. A 6000 franc perfume bottle!” “Vider” = to empty. Comedy from the expensive perfume being used like water.Ne videz pas l’eau, vous !
→ “Don’t empty the water, you!” “Vous” at the end for emphasis (typical spoken French).Oh là j’en peux plus là. J’en peux plus. J’en peux plus. J’en peux plus.
→ “Oh man I can’t take it anymore. I can’t take it anymore...” “J’en peux plus” = I can’t handle it/I’m exhausted. Dropped “ne” (formal: “Je n’en peux plus”). “Là” for emphasis. Repetition shows desperation.Tu veux un Dragonal ?
→ “Do you want a Dragonal?” Dragonal is a French throat lozenge brand…
À bientôt pour un nouveau podcast !
Timothée
English Translation:
Hi everyone! Today, we’re going to talk about a slightly delicate topic. A topic that makes people smile, blush, and that reveals a lot about the history of France.
Today’s question: Are the French dirty?
You’ve probably already heard this stereotype. French people who don’t wash, who use perfume instead of soap, who smell like garlic and sweat… But where does this reputation come from? Is it true? And is it still true today?
We’re going to untangle all of this together.
This podcast was largely inspired by a fascinating Reddit comment written by a user called gerardmenfin.
The Sun King and his smelly corridors
To understand this reputation, we have to start at the beginning. And the beginning is surprising: in the Middle Ages and during the Renaissance, the French actually washed themselves fairly well. There was a very lively culture of public bathhouses—popular places where everyone went to wash and socialize.
But precisely—everyone. Men and women together. And that, the Church really didn’t like. These mixed bathhouses were quickly suspected of encouraging debauchery. Gradually, they were shut down. And with them went a large part of everyday hygiene habits.
Public baths made a timid comeback in the 18th century, driven by a new enthusiasm for the supposed healing properties of water. But this time, they were reserved for the upper classes. Ordinary people didn’t have access to them.
This is the context in which we need to place Versailles. And to be fair, the palace was not the sanitary nightmare it’s sometimes described as. It was relatively well equipped with toilets and bathrooms for its time. But court life was another story.
Courtiers—the people who lived around the king—were in the habit of relieving themselves more or less anywhere: behind curtains, in staircases. It even happened that women soiled themselves inside their dresses. As for baths, hot water was considered dangerous to health. So people washed very little. And to mask smells, they used strong perfumes: patchouli, musk, civet, tuberose…
Imagine the combination.
This wasn’t just a French problem: all of Europe at the time had hygiene practices very different from ours. But Versailles was the center of the world, visited by diplomats, nobles, and travelers from everywhere. So this reputation traveled too.
One bath a year: the reality of the 19th century
Let’s move forward a bit. In the 19th century, the situation was still complicated.
In 1850, historians tell us that Parisians took, on average… one bath per year. Just one.
Why? Not because of laziness. Because of a lack of infrastructure. In most French homes, there was no running water. No tap.
The British novelist Frances Trollope, who visited Paris in 1835, noted this with surprise in her memoirs. In London, she said, water was piped directly into homes, even to upper floors. In Paris, people still saw water carriers painfully hauling buckets up staircases. As a result, Parisians used water very sparingly.
There was also a cultural dimension. The Catholic Church viewed the body as a source of sin. Undressing to wash—even alone—was suspicious. And in some rural areas of France in the early 20th century, ethnographers reported that peasants considered a strong body odor to be a sign of… good health.
The arrival of American soldiers
The reputation of the “smelly French” really became international thanks to a very specific event: the two World Wars.
Thousands of American soldiers arrived in France during World War I, and then World War II. These young men came from a country where daily showers were already normal. Where underwear was changed every day. Where advertisements for soap and deodorant filled magazines.
And suddenly, they found themselves in the French countryside. No running water. Manure piles in front of farms. Locals who didn’t understand their language. And who, sometimes, didn’t smell very good.
Obviously, the culture shock was enormous. In the 1920s and 1930s, American advertising had made people “particularly sensitive” to personal cleanliness. Newspapers were full of stories about careers ruined by bad breath or body odor—the dreaded “B.O.”
So when these soldiers returned to the United States after the war, they talked. They talked about the farms, the smells, the strange habits of the French. And the reputation spread.
In 1945, the U.S. government was so concerned about these tensions that it commissioned an official brochure: 112 Grievances Against the French. A document designed to respond to soldiers’ complaints. Entire chapters were devoted to questions like: “Why don’t the French bathe?” or “Why are French cities dirty?”
That same year, a cartoon character was born: Pepe Le Pew. A romantic, obsessive French skunk who drives everyone away with his terrible smell. His name is a pun: pew in English suggests a bad odor, and pue in French comes from the verb puer, “to stink.”
This character left a mark on generations of Americans. And he summed up everything they thought about the French.
What about others?
Now, let’s be fair. The author of the brochure 112 Grievances, Leo Rosten, said it himself: in 1945, 80% of American farms had neither a bathroom nor running water. Entire states, especially in the South, were not much better equipped than the French countryside.
European statistics from the same period show that France was not alone. In 1951, 6% of French households had a bathroom. That’s low. But in Spain, it was 3%. In Italy, 2%.
What was different is that France was far more visited than its neighbors. More tourists, more soldiers, more foreign witnesses. So more people to tell what they had seen… and smelled.
And today?
Good news: the situation has changed dramatically.
According to Euromonitor data, the French shower an average of seven times per week—that is, once a day, like most Western Europeans. It’s even more than the British or the Japanese, who shower around five times a week.
France is also the world’s leading country for perfume and cosmetics sales. Brands like Chanel, Dior, Guerlain, Yves Saint Laurent—all of that comes from France.
So yes, some surveys still show a few peculiarities. According to a 2020 IFOP poll, only 57% of French people shower every day. And about 49% wash their hands before eating. These aren’t outstanding figures. But they’re very far from the cliché of the French person who washes once a year.
What may remain is a certain philosophy. Foreigners living in France still say today that some French people seem less obsessed with daily hygiene than in other cultures. Changing clothes every day? Washing sheets every week? For some, that’s excessive. And perhaps that’s where the stereotype still has a tiny grain of truth—not in dirtiness, but in a different relationship to the idea of “clean.”
To conclude
The history of the “dirty French” stereotype tells us several things.
It tells us that the reputation comes from a historical reality: for centuries, France did indeed suffer from insufficient sanitary infrastructure and lower hygiene standards than some of its neighbors.
It tells us that this reality was amplified by thousands of foreign visitors—especially Americans—who told their horror stories.
And it tells us that stereotypes are stubborn, even when reality has completely changed.
But I’ll be honest with you. I’ve lived outside France since 2013. I’ve spent long periods in Argentina, Madagascar, Spain, and Italy, and today I live in Mexico. And unfortunately, I have to say that it’s not only a stereotype.
What struck me most? Madagascar. In the Malagasy countryside, access to running water is very limited. Living conditions are difficult. And yet, people seemed cleaner than some people I’ve encountered in France. Same observation in Mexico: I’ve never experienced an awkward situation, even during the most crowded hours of the Mexico City metro—and believe me, it’s packed.
There’s a very concrete explanation for all of this, and it’s often ignored: the shower. In the house where I lived in Chihuahua, Mexico, there were four bathrooms with four showers for three bedrooms. In France, I’ve stayed in very beautiful homes, including one with a magnificent cast-iron clawfoot bathtub. Very chic, very photogenic. But not very practical for washing quickly every day.
It may sound anecdotal. But many French homes—especially older ones—still don’t have a shower. And the shower is the fastest and most efficient way to wash. It’s hard to imagine someone taking several baths a day. So instead, many French people do their “toilette” differently: a sink, a washcloth, and that’s it.
And there’s something else, while we’re on the topic: in France, it’s not uncommon to meet people who don’t use deodorant. Not out of forgetfulness. Out of conviction. The argument? Deodorant is supposedly bad for your health, even carcinogenic. It’s a fairly widespread belief, which regularly appears in the testimonies of foreigners living in the country. Combined with washing at the sink and the absence of a shower, the result can sometimes be… noticeable.
This is not a judgment. It’s a cultural and architectural reality. But it is a reality.
So the next time you hear this stereotype, you’ll know where it comes from: from the Sun King to Pepe Le Pew, via the American soldiers of 1944. And you’ll also know that between history and the present, the line is sometimes blurrier than we think.
And you— in your culture, how many showers per week are considered “normal”? Are there stereotypes about hygiene in your country? It’s worth thinking about.
Thanks for listening, and see you soon for another podcast about France, the French language, and its culture!














