You’ve probably heard words like meuf, ouf, or chelou and had no idea what they meant. Or maybe you caught them in a French film and felt like you were missing something.
Verlan is a secret language hiding inside everyday French: words flipped, coded, and used by millions of people across all ages and backgrounds. And once you know it, you start hearing it everywhere : in music, in series, in real conversations on the street.
In this episode, I’ll break it down simply so you can finally understand it and start recognizing it naturally, and at the end, you’ll find a PDF guide to help you master verlan.
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English Translation available at the end of the post
Bonjour et bienvenue dans ce nouveau podcast. Aujourd’hui, on plonge dans quelque chose que tu n’apprendras jamais dans un manuel scolaire mais que tu vas entendre dès que tu mettras les pieds en France, ou dès que tu allumeras la télévision française.
On va parler du verlan.
C’est quoi le verlan ?
Le verlan, c’est un argot (slang) qui consiste à inverser les syllabes des mots. Et la première preuve, c’est son propre nom. Verlan, c’est l’inverse de “l’envers”. L’en-vers → vers-l’en → verlan. Le mot porte sa propre définition en lui.
Mais voilà, quelque chose que beaucoup de gens ignorent : le verlan n’est pas né dans les banlieues des années 80. C’est un procédé linguistique extrêmement ancien. Et son histoire est fascinante.
Les premières traces du verlan remontent au XIIe siècle. Dans le roman médiéval Tristan et Iseut, le chevalier Tristan utilise le pseudonyme « Tantris » pour passer inaperçu. C’est exactement le même procédé : on prend un nom, on inverse les syllabes, et personne ne reconnaît qui tu es. Le verlan comme déguisement. L’idée était déjà là, il y a près de neuf cents ans.
Tristan & Isolde, toile de John Duncan, 1912.
Ce qui est encore plus ouf, c’est que le verlan a ensuite été adopté par les milieux aristocratiques et intellectuels. Les membres de la famille royale des Bourbons étaient parfois surnommés les Bonbours — verlan de Bourbons — dans des pamphlets politiques. Et il y a aussi une anecdote encore plus célèbre : Voltaire, le grand philosophe des Lumières, aurait choisi ce pseudonyme comme verlan d’Airvault, la ville dont il était originaire.
Maurice-Quentin de La Tour (1704-1788), Portrait de Voltaire, v. 1736.
Au XIXe siècle, le verlan descend dans les milieux les plus durs. Il se répand dans les prisons et les bagnes, où les détenus s’en servent comme code secret pour communiquer sans être compris des gardiens. C’est ici que le verlan prend vraiment sa fonction de langage de résistance, un outil pour ceux que la société a mis de côté.
Cette fonction de résistance va culminer pendant la Seconde Guerre mondiale. Des Français utilisent le verlan pour déjouer la surveillance des occupants allemands. Parler en code, c’est survivre. Le langage devient une arme.
C’est seulement en 1953 que le mot verlan est utilisé officiellement pour la première fois. C’est l’écrivain Auguste Le Breton — lui-même grand spécialiste de l’argot et auteur entre autre du roman Du Rififi chez les hommes — qui l’emploie dans son dictionnaire.
Et puis vient la grande explosion populaire. En 1977, le chanteur Renaud sort une chanson qui va marquer des générations : Laisse béton — verlan de laisse tomber. C’est l’un des premiers moments où le grand public français entend du verlan sans forcément le savoir.
Mais c’est l’arrivée du hip-hop dans les années 80 et 90 qui va tout changer. Des groupes comme NTM ou IAM intègrent le verlan au cœur de leurs textes. Et là, le verlan sort définitivement de la clandestinité. Il n’appartient plus aux prisons, ni aux banlieues fermées sur elles-mêmes. Il appartient à toute une génération.
Comment ça fonctionne ?
La règle de base est simple : on coupe le mot en syllabes, et on les inverse.













